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La Balade de Lobo (Critique)

La Balade de Lobo propose deux histoires complètement rock'n roll, violentes et déjantées injectant un brin de 2000 A.D. à l'univers DC.

Il y a trois choses à savoir sur Lobo : il a tendance à tuer ou à mutiler tout ce qui bouge même les morts, il est incapable de revenir sur un engagement lorsqu'il a donné sa parole,  et il est accompagné par un banc de dauphins de l'espace.

Lorsque Keith Giffen a inventé Lobo pour les besoins de sa série Omega Men en 1983, il ne pensait certainement pas que le public allait adorer ce pastiche ultra-violent de Wolverine, le célèbre X-Man, en tout cas pas au point qu'il ait ses propres aventures. En tout cas, le personnage a pris de l'ampleur au fil des années tout en se démarquant du célèbre mutant griffu de la concurrence. Ce qui est assez drôle, c'est que lorsque Daniel Way réinventa le personnage de chez Marvel, Deadpool, il s'inspira fortement de Lobo. La boucle est bouclée.

Image : Simon Bisley, Lovern Kindzierski et Todd Klein (DC Comics)

C'est donc en 1990 que DC Comics laisse carte blanche à Keith Giffen pour raconter l'histoire de Lobo de ses rêves : quelque chose d'ultra-violent, de déjanté et de mature. Pour l'aider à la tâche, Giffen s'entoure de deux créateurs venus de 2000 A.D. et qui ont bossé notamment sur Judge Dredd, Alan Grant qui coécrit la mini-série et Simon Bisley qui l'illustre avec l'aide de Lovern Kindzierski aux couleurs. Et après le succès critique et l'engouement du public pour le personnage, les auteurs remettront le couvert pour une seconde mini-série, Lobo's Back publiée trois ans après.

Cet album, La Balade de Lobo, publiée en France par Urban Comics rassemble ses deux mini-séries chacune composée de 4 chapitres. L'éditeur a pris grand soin de bien séparer chaque partie afin que ça soit compréhensible en les séparant par les pages de jeux loufoques et les couvertures faussement censurées de Lobo's Back.

Image : Simon Bisley, Lovern Kindzierski et Todd Klein (DC Comics)

Tout commence avec Lobo, Le Dernier Czarnien , histoire dans laquelle le motard de l'espace part en mission pour L.E.G.I.O.N. : il doit escorter une femme qui n'est autre que son institutrice et biographe, soit une femme que n'apprécie pas trop Lobo. Mais, il a tenu parole : il doit la ramener en vie mais cela ne veut pas dire entière... Et puis, le tout part en vrille puisque Lobo et l'institutrice ont chacun un sacré caractère arrivant à se mettre à dos pas mal de monde, à tel point qu'on a presque l'impression que toute la galaxie est à leurs trousses.

L'histoire est bien déjantée avec ses blagues potaches, le comportement de gamin terrible de Lobo face à son institutrice et des ennemis improbables. Giffen et Grant ont eu la bonne idée d'inclure entre les pages de la BD des extraits de la biographie imaginaire de Lobo nous expliquant bien qui il est. Tout cela avec un humour d'étonnant.

Des extraits de la biographie de Lobo viennent ponctuellement couper le récit nous permettant de mieux apprendre l'histoire du Dernier Czarnien avec un humour assez efficace.

Image : Simon Bisley, Lovern Kindzierski et Todd Klein (DC Comics)

La seconde histoire au titre évocateur, Le Retour de Lobo, nous raconte comment le dernier des Czarniens essaie de revenir à la vie et comment cette tentative de résurrection va bien lui foutre les nerfs surtout qu'il va connaître des transformations importantes avant de pouvoir se venger.

Si le début du récit est déstabilisant, notamment parce que Lobo a troqué ses dauphins par des pingouins rockeurs sans aucun explication, cela n'empêche pas de rentrer rapidement dans le récit. De toutes façons, la cohérence n'est pas la chose la plus importante dans ce genre de livres.

Image : Simon Bisley, Lovern Kindzierski et Todd Klein (DC Comics)

Si Urban Comics présente ces mini-séries comme l'incarnation des années 90 parce que Lobo est hyper-musclé et tout aussi violent, elles sont plutôt des hommages à l'esprit punk des années 80 que nous trouvions dans les comics indépendants et, surtout, dans ceux qu'on trouve dans l’hebdomadaire britannique, 2000 AD. Et puis, les auteurs s'inspirent très clairement de Metal Hurlant pastichant certains gimmicks.

Le style artistique de Bisley colle donc parfaitement aux intentions des scénaristes : il a un trait rock'n roll donnant un côté "destroy" à l'ensemble, il sait dessiner des scènes bourrines et s'applique à faire de Lobo une véritable icône metal s'inspirant des traits de Lemmy Kilmister pour dessiner le personnage principal.

Mon seul reproche à cette édition viendrait certainement de la traduction. Certes, Keith Giffen et Alan Grant inventent leur propre vocabulaire ce qui rend le tout un peu compliqué à traduire, et sur ce point Edmond Tourriol semble s'éclater. Par contre, franchement, on croirait parfois lire un livre d'un autre âge avec des expressions désuètes ou du français un peu trop soutenu, ce qui ne colle vraiment pas avec le style du récit.

La Balade de Lobo

De Keith Giffen, Alan Grant, Simon Bisley et Lovern Kindzierski • Traduit par Edmond Tourriol
Urban Comics • 2014

Résumé très court

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