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The Valiant (Critique)

En plus d'être un point d'entrée idéal dans l'univers super-héroïque Valiant, ce livre est aussi ce qui peut se faire de mieux dans le genre.

Depuis des millénaires, le Guerrier Éternel Gilad protège le Geomancer, un être mystique qui peut communiquer avec la Terre et dont la tâche est de guider l'humanité vers une prochaine évolution. Mais, un ennemi immortel veut empêcher le Geomancer d'accomplir sa destinée. Jusqu'alors Gilad n'a jamais pu empêcher le monstre d'arriver à ses fins voyant de nombreux et nombreuses Geomancer mourir.

Kay McHenry est le Geomancer de notre époque. Après plusieurs aventures - notamment avec Archer et Armstrong, elle se retrouve en mauvaise posture lorsque l'ennemi immortel refait son apparition. Mais, cette fois, Gilad n'est pas seul pour protéger l'affronter. Il peut compter sur ses partenaires comme Ninjak ou X-O Manowar afin de terrasser la menace tout en confiant la protection du Geomancer à Bloodshot qui doit aussi récupérer une mystérieuse boîte qui contiendrait une arme pouvant tuer l'ennemi immortel.

Image : Paolo Rivera et Joe Rivera (Valiant)

Ce n'est pas pour rien que l'éditeur américain Valiant présente The Valiant comme une porte d'entrée idéale à ses séries : les auteurs ont vraiment pensé leur série en tant que telle nous présentant comme il faut les éléments essentiels à la compréhension de l'histoire. Certes, il est parfois difficile de suivre l'action puisqu'elle fait référence à des choses passées mais, cela aurait plutôt tendance à attiser la curiosité plutôt qu'à provoquer la frustration.

Jusqu'à la lecture de cet album, j'avais suivi en dilettante certaines séries mais je n'arrivais pas à me plonger dedans. Mais j'ai tellement été absorbé par l'histoire de Matt Kindt et Jeff Lemire que je me suis investi dans les publications qui lui ont fait suite.

Le traitement de l'histoire est des plus sympathiques ; Lemire et Kindt évitent les facilités et offrent une fin incroyable. Ils axent leur histoire autour de deux personnages, Geomancer et Bloodshot, tout en tissant des liens forts entre les deux, là où ce n'était pas gagné d'avance tellement les personnages sont différents. Elle alerte de tout ce qui se passe dans le monde, lui inconscient du moindre sentiment humain. Les deux arrivent autant à nous faire rire qu'à nous émouvoir. Bloodshot a le droit à un traitement particulier et une caractérisation des plus réussies.

Image : Paolo Rivera et Joe Rivera (Valiant)

En parallèle, il y a le combat de toute une vie de Eternal Warrior mais le personnage de Gilad est impénétrable. Il est déterminé et c'est la seule chose à retenir. À aucun moment, le lecteur rentre dans sa tête, son état d'esprit et ses réactions sont perçues du point de vue de Ninjak, un choix plutôt malin qui aide vraiment à rentrer dans l'univers super-héroïque de l'éditeur américain Valiant.

Enfin, il y a la menace. Une vraie menace ! Elle attaque les héros au plus profond d'eux-mêmes et fait ressortir leurs pires craintes. Autant on pourrait déplorer son manque de charisme - mais après tout il est une forme de mal incarné, autant elle représente une véritable menace ce qui aurait tendance à manquer chez les deux autres univers partagés que sont ceux de Marvel et DC dont les héros passent leur plus clair de leur temps à se taper entre eux. En tout cas, l'héroïsme ne manque pas en fin d'histoire et c'est ici qu'il me manque des informations sur les divers personnages pour apprécier ce moment que les fans ont dû adorer. Tout cela arrive en plus à s’immiscer naturellement dans le récit qui était jusque-là assez intimiste.

Image : Paolo Rivera et Joe Rivera (Valiant)

Côté dessins, Valiant nous gatte en proposant le poste de dessinateur à Paolo Rivera, assisté aux couleurs par son père, Joe Rivera. Les artistes participent pleinement à l'ambiance de la série arrivant à rester sobre à chaque instant tout en rendant grandiose les scènes épiques. Visuellement parlant, c'est vraiment tout ce que j'aime. De plus, le second épisode bénéficie d'un découpage sympathique avec des incrustations de dessins d'enfant représentant le conte de fées qui fait peur au Geomancer. C'est très bien fait nous plongeant pleinement dans l'ambiance.

En tout cas, tu auras compris, The Valiant m'a procuré beaucoup de plaisirs, au point qu'il est devenu l'un de mes comic books préférés (oui, carrément !). Et puis, il m'a permis de découvrir aussi l'univers super-héroïque Valiant qui m'a offert par la suite de très bonnes lectures dont l'excellent Bloodshot Reborn qui est une suite directe de cette saga. Pour moi, le récit de Kindt et Lemire a été bien plus qu'une porte d'entrée, mais le début d'une (nouvelle) addiction.

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